Pourquoi les Pays-Bas passent à l'or en 1875
Jusqu'aux années 1870, le florin néerlandais repose sur l'argent. Lorsque l'Allemagne adopte l'or, le métal blanc perd du terrain et les Pays-Bas changent à leur tour de système : la loi monétaire de 1875 crée une monnaie d'or dont le 10 florins devient la pièce principale. Le roi Guillaume III est alors sur le trône. À sa mort en 1890, sa fille Wilhelmina, âgée de dix ans, lui succède, et sa mère Emma assure la régence.
La frappe s'arrête en 1933 et le pays quitte l'étalon-or en 1936. Une bonne partie des pièces a été refondue par la suite, mais les grosses émissions des années 1910 à 1930 suffisent à faire du 10 florins une pièce d'or étrangère courante dans les collections et les héritages. Le nom populaire de « tientje », la petite dizaine, a d'ailleurs été repris plus tard pour le billet de 10 florins.
Les portraits successifs et les signes du revers
Guillaume III (1875-1889). Tête d'homme barbu, favoris fournis, légende « KONING WILLEM DE DERDE ».
Wilhelmina fillette (1892-1897). Visage d'enfant, cheveux tombant librement sur les épaules, collier de perles. Les deux premières années ne sont sorties qu'en quantités infimes ; 1897 marque le vrai début de la production.
Wilhelmina jeune femme (1898). Nouveau portrait créé pour l'année où la reine, devenue majeure, prête serment. Il n'est utilisé que cette année-là.
Wilhelmina au manteau (1911-1917). Buste drapé d'hermine, repris sur d'autres pièces d'or et d'argent de la même époque.
Wilhelmina au diadème (1925-1933). Reine adulte portant un diadème de perles, dernier type de la série.
Au revers, cherchez à la loupe deux minuscules symboles près du millésime : le caducée, bâton ailé entouré de serpents, signale l'atelier d'Utrecht ; l'autre signe identifie le maître de la monnaie en fonction. La place de la date change aussi : en haut en 1875, en bas ensuite.
Variantes, épreuves et contrefaçons
Au-delà des changements de portrait, les variantes tiennent à des détails de coin. Le premier portrait de Wilhelmina présente plusieurs versions du collier de perles, et un 1895 dont le dernier chiffre a été regravé sur un 1 est signalé. Pour certaines années, des épreuves à champ miroir ont été frappées en très petit nombre.
Comme toutes les pièces d'or qui ont circulé, le 10 florins a été imité. Les copies grossières en laiton doré ou en métal plaqué ne résistent pas à la balance et au pied à coulisse : l'original pèse 6,73 g pour 22,5 mm. Les faux plus élaborés visent surtout 1892, 1895 et 1898, parfois en retouchant le millésime d'une pièce authentique. Vérifiez alors l'accord entre portrait et date : un buste au diadème ne peut pas porter une année antérieure à 1925, une fillette ne peut pas être datée 1898. Le caducée et le signe du maître doivent être présents et nets. Le guide reconnaître une fausse pièce présente la méthode complète.
Le 10 florins or des Pays-Bas : les pièces à ne pas confondre
Le 5 florins or de 1912. Il reprend le buste au manteau mais mesure moins et pèse la moitié. Les 10 florins or de Guillaume Ier, frappés dans la première moitié du XIXe siècle, relèvent d'une autre série, avec d'autres portraits.
Le ducat néerlandais. Pièce d'or à titre plus élevé, il montre un chevalier en armure et pas de portrait royal. Les ducats autrichiens, de leur côté, portent l'aigle bicéphale. Les 10 florins en argent, émis de 1970 à 1999 pour des commémorations, sont bien plus grands et en métal blanc.
Les 20 francs de l'Union latine. Par le format, un 10 florins peut se perdre au milieu des 20 francs or ou des pièces de l'Union latine : 22,5 mm contre 21 mm. Les légendes néerlandaises et l'écu au lion tranchent la question. D'autres pièces d'or étrangères figurent dans la rubrique monnaies d'or.
Où regarder pour juger l'usure
Ces pièces ont réellement servi jusqu'aux années 1930 et beaucoup en gardent la trace. À l'avers, les zones fragiles varient avec le portrait : chez Guillaume III, la barbe et les favoris, puis la chevelure au-dessus de l'oreille ; chez Wilhelmina, les cheveux, les perles du collier ou du diadème, puis les plis du manteau d'hermine sur le type 1911-1917.
Au revers, la couronne et le lion s'effacent en premier : la crinière et les pattes perdent leur dessin, puis les hachures de l'écu disparaissent. Sur un exemplaire très usé, le caducée et le signe du maître deviennent illisibles.
Chocs sur la tranche, traces de monture et rayures fines d'un ancien nettoyage sont les défauts les plus répandus. L'or ne s'oxyde pas : un aspect terne ne justifie aucun traitement. Le guide nettoyer une pièce donne les raisons de s'abstenir, et le guide états de conservation décrit l'échelle employée.