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Monnaies françaises · XIXe siècle

Le 20 francs or au Génie de Dupré

1848-1898 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Cannes · mise à jour le

Pièce de 20 francs or au Génie, revers
Photo : Maison Or & Bijoux Strasbourg.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids6,45 g
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Années de frappe1848-1849 (IIe République) ; 1871-1898 (IIIe République)
AtelierA (Paris), à l'exclusion de tout autre
Tirage total2 846 061 pour 1848-1849 ; environ 86 millions pour 1871-1898
RéférenceF.533 (IIIe République)
Catégoriesfrançaises, or

Un personnage ailé, debout, inscrit quelque chose sur une tablette : c'est le Génie de la République, dessiné par Augustin Dupré dès 1792 et repris sur le 20 francs or en 1848-1849 puis de 1871 à 1898. Toutes ces pièces sortent de Paris, près de 89 millions au total, ce qui en fait l'un des napoléons les plus répandus. L'essentiel des dates est courant ; une poignée d'années de la fin des années 1880 et du début des années 1890 a été frappée en très petit nombre.

Identification

Le 20 francs or au Génie de Dupré : reconnaître la pièce

Avers

Debout et tourné vers la droite, le Génie ailé écrit sur une tablette posée sur un autel. Un faisceau coiffé d'une main de justice se dresse à gauche, un coq à droite. Sous la scène, la signature « Dupré » ; autour, « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».

Pièce de 20 francs or au Génie, revers

Revers

Une couronne fermée entoure « 20 FRANCS » et l'année ; la lettre A est placée dessous. Légende : « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ».

Tranche
Sur les frappes de la IIIe République, en relief : « DIEU * PROTEGE * LA * FRANCE ». Les 30 exemplaires sur flan bruni de 1878 ont la tranche lisse.
Graveur
Augustin Dupré, graveur général des monnaies pendant la Révolution, a créé le motif en 1792 ; la IIe puis la IIIe République l'ont repris sans le modifier.
Millésimes et tirages

Le 20 francs or au Génie de Dupré : les dates à connaître

Le Génie n'a qu'un atelier : l'année inscrite au revers suffit à retrouver votre pièce dans le tableau. La majorité des exemplaires conservés datent des années 1870 et de la période 1895-1898. Les millésimes qui méritent un examen attentif se concentrent entre 1886 et 1894, avec en tête 1888 et 1892.

Le 20 francs or au Génie de Dupré : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1848A1 543 091IIe République ; version sur flan bruni connue
1849A1 302 970Dernier millésime de la IIe République
1871A2 508 494Retour du Génie sous la IIIe République
1874A1 284 554Aucune frappe en 1872 ni en 1873
1875A11 677 031Fréquente
1876A8 824 658Fréquente
1877A12 759 057Tirage le plus élevé du type
1878A9 188 600Plus 30 flans brunis à tranche lisse
1879A1 037 522Différent : ancre simple ou barrée
1886A984 875Reprise après six ans sans frappe
1887A1 231 487Petit tirage
1888A27 707Le millésime le plus rare de la frappe courante
1889A853 468Plus 100 flans brunis
1890A1 030 140Assez commune pour cette décennie
1891A871 101Petit tirage
1892A225 706Deuxième tirage le plus bas
1893A2 457 168Tirage remonté, fréquente
1894A490 838Petit tirage
1895A5 293 347Fréquente
1896A5 330 407Différent : faisceau ou torche, la torche étant plus rare
1897A11 068 977Fréquente
1898A8 866 327Ultime millésime avant le Coq

Pour 1871-1898, chiffres de Numista, repris du catalogue Le Franc (F.533/1 à F.533/23) ; 1874 et 1875 contrôlés sur CoinVarieties ; 1848-1849 d'après BDOR. L'addition donne 86 011 464 pièces pour la IIIe République, quand Wikipédia annonce 86 101 594. Rien n'a été frappé de 1880 à 1885, d'où l'absence de ces années.

Repérer une date rare sans se tromper

Le Génie a beau être répandu, quelques millésimes sont rares. 1888 n'a été frappé qu'à 27 707 exemplaires, soit plus de quatre cents fois moins que 1877. Suivent 1892 (225 706) et 1894 (490 838), puis 1889, 1891 et 1886, toutes sous le million.

Ces dates sont aussi celles que l'on retouche. Avant de conclure, examinez le dernier chiffre à la loupe : sa forme doit correspondre aux autres chiffres, son alignement être parfait, et le champ qui l'entoure ne doit montrer ni creux ni traces d'outil. Un 1886 ou un 1898 transformé en 1888 reste une pièce d'or authentique, mais il ne porte pas la date d'origine.

Deux millésimes présentent en outre un différent double, ce petit symbole du revers qui signale le graveur général ou le directeur de la Monnaie : une ancre simple ou barrée en 1879, un faisceau ou une torche en 1896, la torche étant la plus difficile à trouver. Enfin, quelques pièces sur flan bruni, au champ miroir, ont été frappées pour la présentation en 1848, en 1878 (30 exemplaires) et en 1889 (100 exemplaires) ; elles n'ont jamais circulé.

Le 20 francs or au Génie de Dupré : les pièces à ne pas confondre

Le 20 francs Coq. Il remplace le Génie en 1899 : Marianne et un coq, pas de lettre d'atelier. Voyez le 20 francs Coq Marianne.

Le 20 francs Napoléon III. Il porte le profil de l'empereur et la légende « EMPIRE FRANÇAIS ». Voyez le 20 francs Napoléon III.

Le 20 francs de Monaco. Frappé à Paris en 1878 et 1879 pour le prince Charles III, à 100 000 exemplaires selon BDOR, il partage avec le Génie le poids, le titre, l'atelier et la lettre A. La différence saute aux yeux : un portrait du prince d'un côté, les armoiries de Monaco et « VINGT FRANCS » en toutes lettres de l'autre.

Les 20 de l'Union latine. Les 20 lires italiennes, les 20 francs belges et suisses de la même époque ont les mêmes 6,45 g et 21 mm, mais un portrait de souverain ou une Helvetia : voyez les 20 francs de l'Union latine.

Les faux. Un Génie avec une autre lettre que A est suspect. Les copies en or ont souvent des ailes sans détail, un coq pâteux, une tranche mal formée ou un poids légèrement à côté. Le guide pour repérer une fausse pièce explique les contrôles simples.

Où l'usure se voit en premier

La scène du Génie est gravée en relief fin sur une petite surface : la moindre circulation se lit. Les premiers points à s'effacer sont la tête, l'épaule et la poitrine du personnage. Les plumes des ailes se fondent ensuite, puis le plumage du coq et les baguettes du faisceau.

Une pièce TTB montre encore des plumes séparées et un profil net. En TB, les ailes deviennent une surface plate et le coq n'est plus qu'une silhouette. Côté revers, observez les feuilles de la couronne : si leurs nervures restent visibles, la pièce a peu circulé. Les légendes, protégées par le listel, résistent longtemps et ne renseignent guère sur l'état.

Les Génies des années 1890 se présentent souvent en SUP, avec des marques de contact dans les champs laissées par le frottement des pièces entre elles, dans les sacs ou les bourses. Ces marques comptent dans l'appréciation. Ne frottez jamais la pièce : le brillant de frappe ne revient pas. Le guide des états de conservation et le guide sur le nettoyage complètent ces repères.

Deux Républiques, un même dessin

Augustin Dupré imagine le Génie en 1792, aux premiers mois de la Ire République. La IIe République l'exhume en 1848 pour son 20 francs or, frappé deux années seulement à Paris : dès le Second Empire, le portrait de Napoléon III prend sa place.

La chute de l'Empire en 1870 ramène le Génie, frappé à partir de 1871. Les années 1870 voient de gros tirages ; la frappe cesse de 1880 à 1885, reste maigre jusqu'en 1894, ce qui explique les dates rares, puis remonte à plusieurs millions de pièces par an à partir de 1895. Le Génie circule selon les règles de l'Union latine jusqu'en 1914, avec les pièces d'or des pays partenaires.

En 1899, le Coq de Chaplain lui succède. Le motif de Dupré continue de figurer sur les grosses pièces d'or de 50 et 100 francs. Dans le langage courant, la figure ailée a valu au 20 francs le surnom d'« ange ». La page des monnaies de la IIIe République replace la pièce dans son époque.

À Cannes

Le 20 francs or au Génie de Dupré sur la Côte d’Azur

Au moment où la IIe République frappe ses Génies de 1848-1849, Nice et son comté appartiennent encore au royaume de Sardaigne : ils ne deviennent français qu'en 1860, avec la création du département des Alpes-Maritimes, qui réunit l'ancien comté et l'arrondissement de Grasse détaché du Var. Les Génies de la IIIe République, eux, sont contemporains du 20 francs monégasque de Charles III, frappé dans le même atelier parisien en 1878 et 1879. Sur la Côte d'Azur, où Français, Monégasques et Italiens se côtoient, les deux pièces se reconnaissent au premier regard : figure ailée pour la France, portrait du prince et armoiries pour Monaco. Un numismate de la boutique de Cannes peut examiner votre pièce pour l'identifier.

Le 20 francs or au Génie de Dupré : questions fréquentes

Mon 20 francs à la figure ailée vient-il de la IIe ou de la IIIe République ?

Regardez l'année : 1848 et 1849 appartiennent à la IIe République, 1871 à 1898 à la IIIe. Les deux faces sont identiques d'une période à l'autre.

Un 20 francs Génie et un 20 francs de Monaco contiennent-ils la même quantité d'or ?

Oui. Le 20 francs monégasque de Charles III, frappé à Paris en 1878-1879, suit le même étalon : 6,45 g à 900 millièmes, soit 5,806 g d'or fin, pour 21 mm.

Comment être sûr qu'un 1888 n'a pas été retouché ?

Comparez le dernier 8 aux autres chiffres à la loupe : même forme, même hauteur, même alignement, sans trace d'outil autour. En cas de doute, faites examiner la pièce par un numismate.

D'où vient le surnom d'« ange » ?

De la figure ailée de l'avers. Il s'agit en réalité du Génie de la République, une allégorie, et non d'un personnage religieux.