# Louis d'or (1640-1792)

> Avant le franc, la monnaie d'or du royaume s'appelait le louis. Créé sous Louis XIII en 1640 et frappé jusqu'à la chute de la monarchie, il a connu une vingtaine de dessins et plusieurs poids légaux. Le nom du roi dans la légende, le motif du revers, la lettre d'atelier et la balance suffisent presque toujours à le classer.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 917 ‰ (22 carats) |
| Poids du louis | 6,75 g (1640-1709), 8,158 g (1709-1715 puis 1726-1785), 7,649 g (1785-1792) ; poids différents entre 1716 et 1725 |
| Diamètre | 22 à 26 mm selon le type |
| Années de frappe | 1640 à 1792 (louis constitutionnel jusqu'en 1793) |
| Dénominations | Demi-louis, louis, double louis ; multiples de 4, 8 et 10 louis en 1640 |
| Ateliers | A (Paris), BB (Strasbourg), D (Lyon), W (Lille), K (Bordeaux), T (Nantes), & (Aix) et une vingtaine d'autres |
| Références | Gadoury, Duplessy, Clairand ; Gad-341 et KM 513 pour le louis au bandeau |

## Louis d'or (1640-1792) : reconnaître la pièce

- **Avers** : Portrait du roi, regardant à droite chez Louis XIII et Louis XIV, à gauche chez Louis XV et Louis XVI. La légende en latin commence par le prénom et le numéro du souverain, par exemple « LVD. XIIII. D. G. FR. ET NAV. REX » pour Louis XIV, roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu. La date et la lettre d'atelier se trouvent souvent sous le buste.
- **Revers** : Le dessin change avec le type : croix de huit L couronnés (Louis XIII, puis plusieurs louis de Louis XIV dont celui au soleil), quatre L ou quatre fleurs de lis, insignes royaux, ou écus de France et de Navarre, ovales sur les louis aux lunettes et carrés de 1785 à 1792. On lit presque toujours « CHRS. REGN. VINC. IMP. », forme abrégée de « Christus regnat, vincit, imperat » : le Christ règne, il est vainqueur, il commande.
- **Tranche** : Cordonnée pour la majorité des types ; le catalogue Numista indique une tranche lisse sur le louis de Louis XIII.
- **Graveur** : Jean Warin grave le louis de 1640 et les portraits du jeune Louis XIV. Norbert Roettiers signe le louis au soleil et les premiers types de Louis XV, Joseph-Charles Roettiers le louis au bandeau. Sous Louis XVI, Pierre-Benjamin Duvivier place sa signature DUVIV sous le buste.

## Louis d'or (1640-1792) : millésimes et tirages

Chaque ligne correspond à un type, dans l'ordre des règnes. La colonne Poids reprend le poids légal donné par Numista : posez votre pièce sur une balance au centième et comparez. Un même type n'a pas toujours commencé ni fini la même année dans tous les ateliers.

| Type | Règne | Années | Poids | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Louis d'or à la croix de huit L | Louis XIII | 1640-1643 | 6,752 g | Le tout premier louis, tête laurée, œuvre de Jean Warin |
| À la mèche courte | Louis XIV | 1643-1656 | 6,751 g | Lyon est le seul atelier à le frapper encore après 1645 |
| À la mèche longue | Louis XIV | 1646-1660 | 6,751 g | Roi enfant, boucle de cheveux tombant sur l'épaule |
| À la tête nue (grosse tête) | Louis XIV | 1668-1683 | 6,751 g | Le roi représenté adulte |
| À l'écu | Louis XIV | 1690-1693 | 6,751 g | Années des réformations, frappé sur d'anciens louis |
| Aux quatre L | Louis XIV | 1693-1700 | 6,751 g | Quatre L entre les branches d'une croix de lis |
| Aux huit L et aux insignes | Louis XIV | 1700-1703 | 6,751 g | Les insignes royaux s'intercalent entre les L |
| Aux insignes | Louis XIV | 1704-1709 | 6,751 g | Variantes à cheveux courts et à cheveux longs |
| Au soleil | Louis XIV | 1709-1715 | 8,158 g | Poids relevé ; soleil au cœur de la croix |
| Aux insignes | Louis XV | 1716 | 8,158 g | Deux types différents sur cette seule année |
| De Noailles | Louis XV | 1716-1718 | 12,235 g | Record de poids parmi les louis de circulation |
| À la croix du Saint-Esprit | Louis XV | 1718-1719 | 9,79 g | Contemporain du système de Law |
| Aux deux L | Louis XV | 1720-1723 | 9,79 g | Deux L entrelacés au revers |
| Mirliton | Louis XV | 1723-1725 | 6,525 g | Petites palmes, puis grandes palmes en 1724-1725 |
| Aux lunettes | Louis XV | 1726-1740 | 8,158 g | Revers à deux écus ovales |
| Au bandeau | Louis XV | 1740-1774 | 8,158 g | Bandeau dans les cheveux ; Aix (&) le frappe jusqu'en 1773 |
| À la vieille tête | Louis XV | 1771-1774 | 8,11 g | Le roi à la fin de son règne |
| Aux palmes | Louis XVI | 1774 | 8,158 g | Frappé une seule année |
| Aux lunettes | Louis XVI | 1774-1785 | 8,14 g | Buste vêtu d'un habit brodé |
| À la tête nue | Louis XVI | 1785-1792 | 7,649 g | Deux écus carrés côte à côte ; poids allégé en 1785 |
| Constitutionnel | Louis XVI | 1792-1793 | 7,649 g | Pièce de 24 livres de la monarchie constitutionnelle |

Types, années et poids repris du catalogue Numista, qui renvoie aux ouvrages de Gadoury, Duplessy et Clairand. Les nombreuses variantes de portrait de Louis XIV entre 1660 et 1690 et les louis du Béarn ne figurent pas ici.

## Trois lectures pour situer un louis

**Le roi.** Repérez le chiffre après LVD dans la légende : XIII, XIIII (ou XIV), XV ou XVI. Le sens du portrait confirme : vers la droite pour les deux premiers règnes, vers la gauche ensuite.

**Le revers.** Le motif donne le type, donc la période : des L couronnés en croix pour le XVIIe siècle et le début du XVIIIe, deux écus ovales pour les lunettes, deux écus carrés pour la fin du règne de Louis XVI. Le tableau ci-dessus fait la correspondance.

**L'atelier.** Une lettre, parfois un signe, désigne l'hôtel des monnaies : A pour Paris, D pour Lyon, K pour Bordeaux, BB pour Strasbourg. Le signe & correspond à Aix-en-Provence. Selon le type, la marque est placée au centre de la croix, sous les écus ou sous le buste. Le guide des [ateliers monétaires](https://numismatique-cannes.fr/guides/ateliers-monetaires/) donne la liste complète.

Reste le millésime, lisible sur la plupart des types, et le poids, qui sert de contrôle final.

## Le poids, fil conducteur des refontes

En 1640, le louis pèse un peu plus de 6,75 g d'or à 22 carats. Il est frappé au balancier : sa forme régulière permet de voir tout de suite s'il a été rogné. Ce poids est conservé jusqu'en 1709, date à laquelle le louis au soleil passe à 8,158 g.

La Régence bouleverse cet équilibre en quelques années : 12,235 g pour le louis de Noailles, 9,79 g environ de 1718 à 1723, puis 6,525 g seulement pour le mirliton. Un édit de janvier 1726 revient à 8,158 g, poids que gardent les louis aux lunettes, au bandeau, à la vieille tête et les premiers louis de Louis XVI.

La réforme de 1785 abaisse le louis à 7,649 g, avec le nouveau revers aux écus carrés.

En pratique, comparez le poids de votre pièce à celui de son type. Un manque nettement supérieur à quelques centigrammes oriente vers une usure forte, une rognure, un trou rebouché ou une copie.

## Demi-louis, doubles et pièces de prestige

Le **demi-louis** reprend chaque type à moitié poids : 3,376 g jusqu'en 1709, environ 4,08 g pour les types au soleil, aux lunettes et au bandeau. Son diamètre tourne autour de 20 mm.

Le **double louis** n'a pas été frappé pour chaque type. Numista en signale sous Louis XIII de 1640 à 1643, puis pour les louis à l'écu, aux quatre L, aux insignes, au soleil, le mirliton, le bandeau et la vieille tête, enfin pour les deux types de Louis XVI. Le double louis à la tête nue de 1785-1792 atteint environ 28 mm.

La Monnaie de Paris a aussi produit en 1640 des pièces de 4, 8 et 10 louis, destinées au prestige et non aux paiements courants.

La méthode ne change pas pour ces dénominations : identifiez le type, lisez l'atelier et la date, puis vérifiez le poids attendu.

## Pièce d'époque, bijou ou copie ?

**Les réformations.** Dans les années 1690, au lieu de refondre les louis en circulation, les ateliers les refrappaient avec un nouveau dessin. Des restes de l'ancienne empreinte apparaissent alors sous le nouveau type : contours doublés, lettres fantômes. Ces traces sont d'époque et les catalogues les décrivent.

**Les louis montés.** Beaucoup de louis ont été sertis ou munis d'une bélière. Une soudure sur la tranche, un anneau retiré ou un trou comblé réduisent nettement l'intérêt de collection, même si l'or reste authentique.

**Les copies.** On rencontre des imitations en or de faible titre et des pièces en métal doré. Poids au centième de gramme, diamètre et finesse des lettres sont les trois premiers contrôles ; le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-cannes.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) les détaille.

**Ne pas confondre avec le napoléon.** La pièce de 20 francs or, frappée à partir de 1803, est souvent appelée « louis » par habitude. C'est une autre monnaie, d'un autre système : voyez la fiche du [20 francs Napoléon III](https://numismatique-cannes.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/) ou celle du [20 francs Génie](https://numismatique-cannes.fr/pieces/20-francs-or-genie/).

## Où l'usure se lit sur un louis

À l'avers, les reliefs les plus hauts cèdent d'abord : la chevelure au-dessus de l'oreille, la couronne de laurier ou le bandeau, puis la joue. Sur les portraits de Louis XV et de Louis XVI, le dessin des mèches disparaît en premier.

Au revers, observez les couronnes posées sur les écus ou sur les L, et les fleurs de lis à l'intérieur des écus. Si les perles des couronnes se confondent, la pièce a longtemps circulé.

Un réseau de fines rayures parallèles dans le champ signale un nettoyage, qui fait baisser l'état ; ne frottez donc rien (voir [nettoyer une pièce](https://numismatique-cannes.fr/guides/nettoyer-une-piece/)). Un cordon de tranche aplati ou limé indique une pièce rognée ou passée par un bijoutier. La grille TB, TTB, SUP est expliquée dans le guide des [états de conservation](https://numismatique-cannes.fr/guides/etats-de-conservation/).

## Louis d'or (1640-1792) à Cannes

Avant la Révolution, Cannes relevait de la Provence, où le louis circulait comme dans tout le royaume, et la région avait ses propres ateliers. Celui d'Aix, marqué &, a frappé des louis au bandeau, dont 14 115 exemplaires datés 1755 et 15 836 datés 1773 selon les relevés publiés ; il a été le dernier atelier à utiliser ce type, jusqu'en 1773, et n'était plus en activité en 1789, contrairement à celui de Marseille (MA). À l'est du Var, le comté de Nice appartenait à la maison de Savoie et utilisait d'autres monnaies, dont l'écu piémontais jusqu'en 1816. Vous pouvez montrer votre louis à la boutique de Cannes pour faire lire sa marque d'atelier.

## Questions fréquentes

### Mon louis porte le signe & : qu'est-ce que cela veut dire ?

C'est la marque de l'atelier d'Aix-en-Provence. Selon le type, elle se trouve sous les écus, sous le buste ou au centre de la croix. Le guide des ateliers monétaires donne les autres lettres.

### La date est usée : comment situer mon louis quand même ?

Le roi nommé dans la légende, le dessin du revers et le poids suffisent le plus souvent à retrouver le type, donc une période de quelques années. Le tableau des types sert de grille de lecture.

### Pourquoi deux louis du même roi n'ont-ils pas le même poids ?

Parce que le poids légal a changé à chaque refonte : un louis de Louis XV peut peser 6,525 g, 8,158 g, 9,79 g ou 12,235 g selon son type. Comparez toujours à des pièces du même type.

### Louis et napoléon, c'est la même chose ?

Non : le louis appartient à la monnaie royale, de 1640 à 1792. Le napoléon, lui, désigne la pièce de 20 francs or née en 1803, que beaucoup de familles ont continué d'appeler « louis ».

## Sources

- Numista, Louis d'or au soleil (Louis XIV)
- Numista, Louis d'or à la tête nue (Louis XVI), tirages par atelier
- Numista, Louis d'or au bandeau (Louis XV)
- Numista, Louis d'or aux lunettes (Louis XVI)
- Numista, Louis d'or de Louis XIII
- Wikipédia, Louis (monnaie)
- Wikipedia (EN), Louis d'or
- CGB, Louis d'or aux quatre L 1693 Dijon
- Coinvarieties, 1723-BB louis d'or mirliton
- Coinvarieties, 1644-A louis d'or à la mèche courte
- Coinvarieties, 1755-& (Aix) louis d'or au bandeau
- Coinvarieties, 1773-& (Aix) louis d'or au bandeau, dernier atelier à frapper ce type
- Wikipédia, Ateliers monétaires français (ateliers en fonction en 1789)
- Wikipédia, Comté de Nice (limite du Var, monnaies en usage)

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Source : https://numismatique-cannes.fr/pieces/louis-d-or/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – CANNES, Maison Or & Bijoux Cannes, 5 rue Tony Allard, 06400 Cannes, 04 93 68 07 96. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
